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BAMBOUS
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Description

Le bambou est une monocotylédone appartenant à la famille des graminées (poacées) donc une herbe, bien que certaines espèces dépassent les 20 mètres de hauteur...,sous-famille des bambusoidées. La partie aérienne des bambous est appelée la tige. Celle-ci peut avoir un diamètre de 1mm à 120mm pour certaines espèces. D'une hauteur allant de quelques dizaines de centimètres à plusieurs dizaines de mètres selon les variétés, d'aspect et de couleurs variés (vert, bleu,jaune, noir, rouge, gris etc...), elle est en général fistuleuse, c'est-à-dire creuse, mais cloisonnée au niveau des nœuds. A l'extérieur, des gaines protègent les jeunes branches avant de tomber. Le feuillage est très varié dans sa forme, dans sa taille ou sa couleur.

Les fleurs ont pour principale caractéristique d'être très rares et d'apparaître chez tous les sujets d'une même espèce, quel que soit leur âge, dans toute une région, parfois même dans un continent entier (phénomène de chronobiologie). Après avoir fleuri, la plante meurt généralement mais pas toujours d'épuisement. Selon les variétés, la floraison peut intervenir tous les ans ou... tous les 50 ans, certaines espèces n'ont même jamais pu être observées en fleurs !

Les rhizomes sont des tiges souterraines et servent de réserve alimentaire aux bambous. Ils sont soit traçants, comme les phyllostachys ou les sasa, (rhizomes dits leptomorphes) c'est-à-dire qu'ils rampent parfois très loin avant de donner naissance à un nouveau chaume, soit poussent en touffes (cespiteux) (rhizomes dits pachymorphes) ex. chusquea. Certains bambous ont une croissance mixte et auront donc des rhizomes soit leptomorphes, soit pachimorphes, ex. shibataea kumasaca.

Les racines croissent en couronne autour des nœuds des rhizomes, parfois autour des nœuds de la partie aérienne du chaume pour les espèces cespiteuses. Bien que très fines, elles peuvent néanmoins descendre profondément afin d'aller chercher l'humidité dont le bambou a besoin pour se développer.

 

Culture

En règle générale, les bambous ont besoin pour un développement harmonieux, de chaleur, de soleil et d'eau. Certaines espèces tolèrent pourtant des températures très basses, jusqu'à -28°C telles que Phyllostachys aureosulcata, Ph. bissetii, Ph. nuda, et Pseudosasa japonica et une sécheresse relative. Dans une région à climat doux sans trop de gelées, les bambous tropicaux tels que Bambusa ventricosa, ou B.multiplex ‘Golden Goddess’ feront de précieux sujets dans votre jardin sans envahir votre pelouse (ils sont cespiteux) et résisteront à une température de -8°C. On les plante au départ dans un substrat composé de terreau, de sable et de tourbe blonde. Après les premières années, les feuilles tombées au sol constitue un paillage naturel qui protège du froid et de la sécheresse les pieds des bambous. Le bambou devient adulte au bout de six à huit ans.

Cette plante est à la fois résistante et sensible aux conditions environnantes. Elle peut être colonisatrice et survivre dans des situations très dures, mais a besoin d’être choyée pour être au mieux de sa forme. Son adaptabilité lui permet de trouver une place dans presque tous les lieux. Si les conditions sont défavorables, il faudra faire un amendement au terrain, pour le rendre propice aux besoins particuliers de la variété de bambou que vous aurez choisie. Les jardins avec excès de calcaire sont à proscrire car le bambou est une plante calcifuge. Néanmoins, la variété Phyllostachys flexuosa convient pour ce type de sol. La plupart des bambous peuvent pousser sur du calcaire, mais leur croissance en est ralentie et leur feuillage peut présenter des nécroses. Le bambou est exigeant en eau, mais cela ne le classe pas pour autant parmi les plantes aquatiques : les zones hydromorphes, c’est à dire les terrains saturés en eau durant une longue période, seront à aménager (les variétés les plus résistantes seraient le Phyllostachys heteroclada et le Phyllostachys nidularia) ; néanmoins, il conviendra très bien pour fixer les berges des rivières, dans la mesure ou il résiste aux inondations temporaires. En fixateur de talus, l’espèce idéale de bambou serait le Pleioblastus pumilus.


Une autre idée erronnée sur les bambous est l’envahissement du jardin. S'il est exact que les bambous à rhizomes traçants peuvent rapidement coloniser un bout de terrain, en revanche, il existe de nombreuses variétés cespiteuses, qui poussent en touffes serrées. Le groupe des Fargesia par exemple, n’est pas du tout envahissant.
Même en plantant un bambou traçant, il y a différents moyens de le maintenir à sa place: barrière anti-rhizome, méthodes culturales et techniques de jardinage…


 

Entretien

L'entretien se limite au nettoyage des touffes, ce qui consiste à couper les tiges sèches, et à l'éclaircissage, c'est-à-dire la coupe des tiges de 4 ou 5 ans pour pour aérer une plantation trop dense. Ces opérations doivent se faire l'hiver, à partir d'octobre.

Multiplication

Le mode de reproduction le plus courant est le prélèvement d'un morceau de rhizome ni trop jeune, ni trop vieux, avec au minimum trois noeuds, mesurant entre 10 et 50 cm de long, puis planté dans de la terre végétale, les bourgeons pointant vers le haut. Cette opération, est, si possible, à réaliser début mars.
On peut également tenter la multiplication par éclats de touffes ou le bouturage de chaume (avec les mêmes recommandations que précédemment). On essaiera de maintenir humide le milieu mais on se souviendra que tout excès d'eau entraînera un pourrissement irréversible.

Classification

On recense environ 115 genres pour plus d'un millier d'espèces. Les chercheurs et les spécialistes de systématique sont divisés quant au classement de certaines espèces sous certains genres. La méthodologie botanique (classification des végétaux) se fonde aussi sur la morphologie de l'inflorescence ; le fait que certains bambous n'ont encore jamais été observés en floraison contribue aussi aux difficultés de classification. La nomenclature exacte des bambous est encore en cours d'élaboration mais va peut-être aboutir à une classification plus rigoureuse du faît des nouvelles méthodes d'investigation scientifiques : marquage moléculaire, étude de l'ADN, etc...

La méthode la plus simple et la plus utile pour l'amateur reste de classer les bambous selon leur taille :

TABLEAU ALPHABÉTIQUE
BAMBOUS NAINS
PETITS BAMBOUS
BAMBOUS MOYENS
BAMBOUS GEANTS
des principaux taxons : taille, extension, résistance au gel, utilisation culinaire
inférieurs à 1,5 m
de 1,5 m à 3 m
de 3 m à 9 m
plus de 9 m



Catalogues

Des catalogues peuvent aider l’acheteur à choisir ses bambous.
- le catalogue général de La Bambouseraie (France) fait par Mr Yves Crouzet, grand spécialiste de cette plante. Non seulement, il aide à choisir la variété, mais il donne de très bonnes informations générales et techniques sur cette plante. Ce catalogue est très complet car il présente des variétés pour toute l’Europe (variétés très résistantes au froid pour la partie septentrionale et centrale, et des variétés mieux appropriées pour la partie méridionale, avec notamment, les bambous tropicaux). Pour plus d’informations, consultez leur site: "bambouseraie"
- le catalogue de Oprins Plant (Belgique), avec un point fort en plus: la présentation de la culture in vitro de bambou.
Mr Jan Oprins est le grand spécialiste de cette technique. De plus, vous trouverez des variétés intéressantes dans ce catalogue. La technique in vitro permet l’obtention de plants homogènes à partir de génotypes supérieurs. Elle permet d’obtenir rapidement des plants et de créer ou multiplier de nouveaux clones, c’est le cas notamment de Fargesia tel que F. rufa. Ce petit bambou est très décoratif, a des rhizomes pachymorphes (c’est à dire non envahissants) et est très résistant au froid. Elle permet aussi l’obtention de plants forestiers en masse pour des projets de reforestation. Un tableau d’identification des Phyllostachys y est présenté et se révèlera très pratique pour une détermination in situ.
- le catalogue de Mr. Wolfgang Eberts (Allemagne). Il présente surtout des variétés très bien adaptées à l’Europe septentrionale et quelques espèces pour l’intérieur. Le catalogue a de très belles photos et son site web est intéressant.

De très nombreux ouvrages ont été consacrés aux bambous : je cite dans une petite bibliographie ceux qui m'ont paru les plus intéressants.

Bibliographie

Utilisation des bambous

    Recettes de cuisine autour du bambou

Plante comestible
Tous les turions de bambous sont comestibles, riches en vitamines A, C, B1 et B2 mais de qualité gustative variable. Les turions doivent être cueillis très jeunes et débarrassés de leurs gaines ; certaines espèces seront consommées crues, les autres grillées puis accommodées selon différentes recettes. Les espèces les plus appréciées sont les phyllostachys edulis, henonis, nigra, nidularia ou les sasa kurilensis.

Construction
Le bâtiment utilise les tiges de bambous pour réaliser des constructions traditionnelles (huttes, cases...) mais également des échafaudages légers et solides pour la construction des immeubles modernes de grande hauteur. Le bambou se révèle parfait pour réaliser des clôtures : les fines tiges peuvent être plantés en arceaux et assemblées aux intersections.

Industrie
Les bambous sont utilisés depuis très longtemps par les chinois pour la fabrication de la pâte à papier.

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